Le Nouveau-Brunswick : nature indomptable, héritage fascinant

Prêt pour une bouffée d’air pur ? La province maritime du Nouveau-Brunswick est une véritable invitation à la découverte. Le long d’un littoral sans fin à la beauté brute, on assiste au spectacle saisissant des éléments. Ici, la nature est portée aux nues, et célébrée jusque dans l’assiette. Mais le Nouveau-Brunswick, ce sont aussi des villes à l’énergie créatrice, et une scène culturelle dynamique et inspirée.

Une identité multiple et affirmée

C’était en 1969 que cette loi historique fut adoptée : le Nouveau-Brunswick serait désormais une province bilingue, la seule du Canada. Pour les Acadiens, majoritairement francophones, ce fut une victoire ! Ainsi qu’une preuve de plus, s’il en fallait, de la tolérance et de l’ouverture d’esprit qui font la réputation du Canada. Et c’est bien toute la diversité du pays qui est célébrée au Nouveau-Brunswick.

Le patrimoine acadien

Il s’agit de l’une des premières régions où ont débarqué les colons français. Ceux-ci s’organisèrent alors pour former l’éphémère Acadie au début du XVIIe siècle. Plusieurs vagues d’immigration depuis l’Écosse, l’Irlande, l’Allemagne ou les Pays-Bas se sont ensuite succédé ; mais c’est bien de la France dont s’inspire le drapeau acadien, qui accole au drapeau tricolore une étoile dorée symbolisant la dévotion envers la Vierge Marie.

La communauté acadienne revendique aujourd’hui une identité forte. Bercés par la mer, les Acadiens se distinguent par leur sentiment d’appartenance, mais aussi leur accent coloré et leur sens de la fête. Leur culture prend racine dans un passé douloureux, celui du Grand Dérangement et des déportations vers les autres colonies françaises comme la Louisiane — où ils devinrent des Cajuns.

À Moncton, la « plaque tournante des Maritimes », on peut d’ailleurs découvrir plusieurs musées et coopératives où d’émouvantes expositions retracent cet exil. Le Village historique acadien, à Bertrand, propose également un véritable voyage dans le temps à travers des reconstitutions qui permettent de toucher du doigt l’âme acadienne.

L’héritage autochtone

Avant ce formidable métissage, ce sont les Mi’gmaq, les Wolastoqiyik et les Peskotomuhkatiyik qui vivaient sur le territoire, et ce depuis des temps immémoriaux. Les Premières Nations du Nouveau-Brunswick font partie de la Confédération Wabanaki, la « terre de l’aube » qui s’étend jusqu’au Maine. Lors d’un séjour dans la province, il est d’ailleurs fréquent de traverser des rivières ou des sites aux noms autochtones, comme Madawasca (« terre des porcs-épics ») ou Shippagan (« passage de canards »).

Il est aisé, pour les voyageurs curieux, de s’imprégner des coutumes autochtones canadiennes au Nouveau-Brunswick. Sur le chemin, de fascinantes légendes les accompagneront… Dans le parc national Kouchibouguac ou à Metepenagiag, certaines communautés proposent des nuits sous un tipi ou des cérémonies de purification par la fumée. Au centre culturel d’Elsipogtog, on peut même échanger avec un aîné respecté.

En outre, de nombreux pow-wow s’organisent chaque été. C’est l’occasion pour les peuples autochtones de se rassembler autour de chants et de danses sacrées, et d’accueillir les visiteurs dans une atmosphère bienveillante.

De nombreux festivals culturels

Le Nouveau-Brunswick a vu naître plusieurs générations de poètes et d’artistes. Nombreuses sont les galeries d’art éparpillées à travers la province, notamment à Fredericton, la capitale, mais aussi dans les plus petits hameaux ! Le Rendez-vous des artistes, à Saint-Léonard, accueille par exemple plus d’une centaine de peintres et de sculpteurs.

Les plus mélomanes se laisseront gagner par la formidable joie de vivre du Tintamarre. Il s’agit d’un défilé où l’objectif est de faire le maximum de bruit avec les instruments les plus insolites ! Mais c’est plutôt l’émotion qui nous envahit lors de la Fête des chants de marins de Fundy. Ce festival se tient chaque année dans le petit village de pêcheurs de Saint-Martins. En fait, les manifestations culturelles sont si nombreuses et plurielles qu’il serait impossible de toutes les lister ici !

Shippagan, une charmante ville côtière située dans la péninsule acadienne

crédit photo : Leora Winter

Une cuisine créative et locavore

Comment réellement découvrir un pays autrement qu’à table ? Le Nouveau-Brunswick, province gourmande s’il en est, met à l’honneur les produits de la terre et de l’océan.

La fraîcheur des produits de la mer

Il n’est pas étonnant, au vu de la géographie de l’endroit, que le poisson et les fruits de mer tiennent la vedette. La pêche a toujours fait partie du quotidien des habitants.

Le homard frais est dégusté en guédille, le fameux « lobster roll », bouilli, trempé dans du beurre et parfois assorti d’une branche de céleri. Ce mets si raffiné pour les palais européens est consommé par les locaux, au point qu’il existe même des poutines au homard ! Pour le découvrir sous toutes ses formes, rendez-vous à Shediac, qui en est la capitale mondiale incontestée, et où se déroulent (entre autres) des concours de mangeurs de crustacés.

Lors d’un road trip sur la côte, il faut absolument faire escale dans les gargotes de pêcheurs où sont servies des huîtres, des crabes des neiges ou des coques frites. En cas d’hésitation, on opte pour une chaudrée de fruits de mer, dont les recettes sont constamment réinterprétées par des chefs inventifs.

De la ferme à l’assiette

À l’intérieur des terres se succèdent des vergers et des fermes où il est possible de s’adonner à l’autocueillette. Comme tout bon Canadien qui se respecte, les voyageurs pourront donc « aller aux pommes » ou ramasser eux-mêmes leurs bleuets ou leurs fraises gorgées de soleil. Les enfants adorent jouer à se perdre dans les labyrinthes de maïs ! On retrouve ce charme bucolique dans les vignobles et les érablières reculées. Chaque saison s’accompagne de son lot de saveurs.

C’est sur les marchés publics que l’on déniche les meilleurs fruits et légumes du terroir ! Le marché historique de Saint John, avec sa toiture en coque de bateau, attire les producteurs et les artisans. Quant au marché agricole Boyce de Fredericton, ses étals débordent de délices locaux et internationaux ! En prenant le temps de flâner, la conversation avec les commerçants éclot facilement.

À moins qu’il ne soit plus plaisant de discuter autour d’une bière ? La plus ancienne brasserie indépendante du Canada se trouve également au Nouveau-Brunswick, qui peut se vanter du talent de ses maîtres-brasseurs. Certains occupent les murs d’églises abandonnées, réinvestissent des garages désaffectés ou s’installent dans un cadre naturel pittoresque.

Les microbrasseries du Nouveau-Brunswick

crédit photo : Explore NB

Une nature puissante et souveraine

La beauté sauvage du littoral

Le Nouveau-Brunswick est bordé de plus de 5 500 kilomètres de falaises, de criques, d’arches et de dunes délicates. Son relief escarpé abrite un écosystème fertile, des colonies d’oiseaux et des familles de marsouins. Des villages minuscules se nichent au creux des anses. Une multitude de phares colorés, omniprésents sur le territoire, sont perchés fièrement sur des îlots rocailleux.

La baie de Fundy, découpée par l’érosion, connaît les plus hautes marées du monde avec une amplitude de 17 mètres. Le paysage change complètement au fil des heures et la silhouette du littoral se redessine constamment. La falaise semble se dissocier. Des monolithes aux formes étranges, les rochers Hopewell, émergent sur de frêles fondations : à marée basse, on les découvre à pied. Lorsque la mer monte, il faut les contourner en glissant sur l’eau à bord d’un kayak.

Parfois, une longue étendue blanche adoucit le paysage. Les plages du Nouveau-Brunswick sont prisées par tous les Canadiens de l’est, qui s’y rendent en été pour profiter du sable clair et de l’eau salée la plus chaude du pays (29° !).

La province aux mille panoramas

Tel est le surnom du Nouveau-Brunswick ! Et il le mérite amplement. Sur ce territoire d’une superficie inférieure à celle de l’Irlande, on trouve deux parcs nationaux et douze parcs provinciaux aux paysages très diversifiés. Les habitants ont développé un lien étroit avec cette nature grandiose.

Certes, le littoral a influencé l’histoire et la culture du Nouveau-Brunswick. Mais il convient, sur place, de ne pas négliger la forêt qui tapisse 85 % de la province. Celle-ci est arrosée de rivières joueuses et de lacs cristallins. Au cœur des Appalaches canadiennes se dressent des massifs rocheux, dont le plus haut sommet des Maritimes, qui promet des panoramas époustouflants. À l’est, les montagnes se transforment en collines qui descendent doucement vers des marais salants.

Un panel d’activités insolites

Pour prendre toute la mesure de cette immensité, plusieurs activités sont ici réalisables. On peut s’imprégner des grands espaces du Nouveau-Brunswick en canoë, en randonnée, à la voile ou à vélo…

Dans les étendues sauvages du Nouveau-Brunswick vivent à l’état sauvage des orignaux, des castors, des ours noirs, des cerfs de Virginie… Sans oublier les adorables macareux ! L’observation des baleines est particulièrement prisée. Les cétacés, friands du plancton refoulé par la marée, se rapprochent des côtes pour s’y nourrir et s’y reproduire. Une douzaine d’espèces se réfugient le long du littoral entre mai et octobre. En pleine saison, les rorquals à bosse, les petits rorquals et même les rares baleines noires de l’Atlantique Nord nagent entre les embarcations !

L’hiver voit les monts et les forêts se recouvrir d’un épais manteau neigeux. Alors, on chausse ses raquettes ou ses skis de fond pour s’enfoncer dans l’un des douze parcs provinciaux, sublimés par le froid. Bienvenue au Nouveau-Brunswick !

Les forêts du Nouveau-Brunswick

crédit photo : Nick Martin