Histoire de la Jamaïque
C'est un peuple d'Amérique du Sud, les Arawaks, qui donne à l'île qu'il a colonisée dans les années 1000, le nom de Xamayca (la terre du bois et de l'eau). Ces derniers étaient arrivés sur l'île pour faire suite à un vaste mouvement de population. Annexée par l'Espagne après le débarquement de Christophe Colomb en 1494, la Jamaïque voit son espace enrichi d'une nouvelle ville, Sevilla la Nueva, dédiée à devenir le domaine privé de la famille de Christophe Colomb. Cette ville sera toutefois abandonnée un peu plus tard par les Espagnols qui lui préféreront des plaines plus fertiles au sud, notamment avec la nouvelle ville Santiago de la Vega, désormais appelée Spanish Town. Les Espagnols utilisèrent les Arawaks comme première main-d'oeuvre et cet état d'esclavage soutenu eut pour effet de les exterminer très rapidement. L'île est prise d'assaut le 10 mai 1655 par l'amiral anglais Penn et le général Venables qui en font une colonie britannique en 1670. Toutefois, les colons espagnols avaient déjà quitté l'île pour s'installer à Cuba. Santiago de la Vega est rebaptisée Spanish Town par l'amiral Penn, qui la transforme en plaque tournante de la lutte contre l'Espagne. La Jamaïque devient, pendant ce règne d'une durée de près de 200 ans, l'un des plus grands exportateurs de sucre à l'échelle mondiale, après l'île de Saint-Domingue.
Esclavage et indépendance
L'abolition de l'esclavage en 1833 conduit les affranchis à quitter les plantations et s'installer sur l'ensemble des terres inoccupées. Cette migration provoque le déclin de l'économie, basée sur les grandes exploitations de canne à sucre. Une minorité de planteurs blancs demeure malgré tout, tandis que la population noire commença à se rebeller contre les mesures discriminatoires mises en oeuvre à leur encontre.
La Jamaïque connaît, à l'instar des autres pays du monde, la crise économique post-guerre (1ère Guerre mondiale). Ceci donne lieu à différentes émeutes et grèves qui engendrent la mort de plusieurs personnes. Différents syndicats en découlent, notamment le Jamaica Workers Trades Union, créé par Alexander Bustamante et Allen Coombs entre les années 1935 et 1936, ainsi que la Jamaican Political Association, fondée en 1921 par Marcus Garvey et le People's Political Party en 1929. C'est Marcus Garvey qui conduisit les noirs à prendre conscience de leur héritage.
Deux leaders jamaïcains, Alexander Bustamante et Norman Washington Manley, contribuèrent au développement de différents mouvements nationalistes. Norman Washington Manley devient Premier ministre en 1955 et affiche une position en faveur de l'unité des Caraïbes anglophones, au sein de la Fédération des Indes occidentales. L'indépendance de la Jamaïque est proclamée le 6 août 1962 au sein du Commonwealth.