Perchée sur un rocher haut de 200 mètres, la célèbre citadelle de Sigiriya date de la fin du Vème siècle. Sur place, des témoignages de la présence humaine remontent à plus de 2000 ans. Le roi Kassapa fit ériger cette citadelle pour fuir ses ennemis après sa disgrâce - il commit un parricide pour prendre le pouvoir. Il put ainsi déplacer sa capitale - Anurâdhapura - vers ses hauteurs et être mieux protégé. Il bâtit dans cette zone, sur un rocher difficilement accessible une ville et une citadelle.
Il y fit construire des douves pour augmenter la sécurité de la ville et de hauts remparts. Un vaste jardin fut placé sur la rocher complété d’une multitude d’espaces végétalisés de plus petites dimensions. Il compléta ces surfaces vertes avec des bassins, des fontaines et des piscines. Pour cela, il fit intervenir un nombre important d’ingénieurs qui imaginèrent alors un système d’irrigation totalement innovant car enterré. Celui-ci fonctionne encore aujourd’hui.
Sur le rocher, le roi fit également construire un palais et différents bâtiments qui au XIVème siècle ont été occupés par des moines bouddhistes.
Le site ne montre à ce jour que les fondations du prestigieux palais mais aussi des fresques, témoignages de la peinture de l’époque sans égal. Ces jeunes filles ont été peintes avec la technique de la fresque, c’est-à-dire que les artistes ont directement peint sur le rocher humide. Ces jeunes filles étaient peut-être des danseuses ou des figures du palais royal. Une légende veut que ce mur était à l’origine très poli - pose d’une huile de Dorana, un arbre local utilisé pour créer des vernis -, imitant en cela une surface de miroir. Ce mur miroir créait alors un espace unique plein de magie. Aujourd’hui il montre un art abouti et présente également de nombreux graffitis - 1200 - inscrits au fil de l’histoire. Le lieu est devenu une destination de pèlerinage avant de devenir un site touristique.
L’ensemble forme un des complexes urbains anciens les mieux conservés du pays.
Ce qui surprend aussi à Sigiriya, c’est la présence des pattes de lion sur le premier plateau. Ces pattes sont les restes d’un immense lion. À l’origine, on entrait dans la citadelle en passant par la gueule de l’animal. Mais il y a plusieurs années, la tête s’est écroulée. La porte du palais avait également la forme d’une tête léonine. Cet animal est, en effet, le symbole de la puissance royale mais aussi dans la tradition bouddhiste un protecteur.